L’expédition « Heroic Age », menée par la Société géographique royale du Canada en partenariat avec la Woods Hole Oceanographic Institution, dévoile le dernier navire du célèbre explorateur antarctique, le Quest, avec un niveau de détail époustouflant
MER DU LABRADOR, le 8 juillet 2026 – Une expédition menée par la Société géographique
royale du Canada en partenariat avec la Woods Hole Oceanographic Institution a obtenu les
premières images en gros plan de l’épave du Quest, le dernier navire du célèbre explorateur
antarctique Sir Ernest Shackleton, dans la mer du Labrador. Ces images ont été prises par le
ROV Falcon et le DSV Alvin de la WHOI, le premier submersible à avoir visité l’épave du Titanic
il y a 40 ans.
John Geiger, chef de l’expédition et PDG de la SGRC, qui avait participé en tant qu’observateur
à la première plongée de l’Alvin sur le site de l’épave, a qualifié la découverte du Quest, dernier
navire de Shackleton, d’« expérience émouvante ».
Une grande partie du navire est encore visible, notamment la proue, le pont et certains hublots,
tandis que le mât principal est couché. L’épave tout entière est recouverte de coraux roses et
abrite plusieurs espèces de poissons, notamment de la morue, du sébaste et du loup de mer.
« Voir le navire de Shackleton et penser que Shackleton se tenait sur ce pont il y a un siècle…
Au début, il faisait très sombre, mais soudain, la proue émerge à mesure que l’on s’en
approche. C’est incroyable », a déclaré M. Geiger.
L’épave du Quest a été découverte en 2024 par l’expédition Shackleton Quest menée par la
SGRC, mais à l’époque, seules des images de sonar à balayage latéral avaient été obtenues.
M. Geiger souhaitait retourner sur le site de l’épave avec une technologie d’imagerie plus
avancée et des véhicules sous-marins afin d’en savoir plus sur ce qui était arrivé au navire et
sur son état actuel. Lorsque l’équipe d’expédition a observé l’épave pour la première fois, elle a
constaté que plusieurs grands filets de pêche masquaient certaines parties du Quest.
« Le navire est très endommagé », a déclaré M. Geiger. « Ces filets sont une triste réalité qui
limite notre capacité à examiner l’épave. Je pense que nous devons assumer la responsabilité
de ce que nous faisons subir à nos océans ; c’est un problème majeur. »
Mark Pathy, spécialiste en chef de la mission, qui accompagnait M. Geiger en 2024 lors de la
découverte initiale de l’épave et qui est revenu cette semaine pour observer le Quest de près, a
déclaré qu’il espérait que cette expédition inspirerait les jeunes à suivre les traces de
Shackleton et de Scott.
« J’espère que cela incitera les gens à explorer la planète et à comprendre qu’il existe encore
des merveilles à découvrir et à vivre là-bas. Notre planète est vraiment un endroit magique », a
déclaré M. Pathy.
Ernest Shackleton fut l’un des plus grands explorateurs polaires au monde ; il est décédé à bord
du Quest en 1922, à l’âge de 47 ans. Il fut la figure centrale de l’une des histoires de survie
humaine les plus extraordinaires : il est notamment célèbre pour avoir sauvé l’intégralité de son
équipage après la perte de son navire, l’Endurance, qui était resté prisonnier de la glace de la
mer de Weddell pendant deux ans. Au moment de sa mort, il se rendait en Antarctique pour ce
qui devait être sa dernière expédition.
Le Quest fut vendu à une famille norvégienne et passa les quarante années suivantes à
chasser le phoque dans les eaux arctiques. Il terminait une saison en mer du Labrador lorsqu’il
fut écrasé par des banquises et coula le 5 mai 1962.
L’expédition, préparée depuis des années, a mobilisé une équipe de professionnels de
renommée mondiale issus de la Woods Hole Oceanographic Institution, dont Bruce Strickrott,
pilote du submersible Alvin.
« Explorer une épave à l’aide d’un submersible habité est une tâche complexe », a déclaré M.
Strickrott. « Notre succès d’aujourd’hui et des jours à venir est le résultat direct de la présence
d’un groupe de professionnels de la plongée en eaux profondes possédant une vaste
expérience des opérations dans des environnements extrêmement complexes. »
L’équipe passera trois jours à inspecter et à cartographier l’épave, en utilisant la technologie de
photogrammétrie sous-marine Voyis, développée au Canada, afin de créer un jumeau
numérique permanent du site pour des études approfondies et la sensibilisation du public.
« En plus d’utiliser l’Alvin pour permettre à des yeux humains de voir le Quest pour la première
fois depuis plus de 60 ans, nous utiliserons la meilleure technologie d’imagerie disponible pour
créer un jumeau numérique du navire », a déclaré Dwight Coleman, co-responsable scientifique
de l’expédition au WHOI. « Ce type de modélisation 3D n’existe en sciences océanographiques
que depuis quelques années et il nous offre des moyens entièrement nouveaux d’explorer ces
épaves historiques et de les rendre tangibles pour le public. »
Plus tard dans la semaine, l’équipe mettra le cap au nord-est, en direction du Groenland, pour
étudier une deuxième épave emblématique liée à ce qu’on appelle « l’âge héroïque » de
l’exploration antarctique : le Terra Nova, dernier navire de Robert Falcon Scott, rival de
Shackleton. Scott fut le deuxième à atteindre le pôle Sud en 1912, cinq semaines après une
expédition norvégienne menée par Roald Amundsen, mais il périt lors du voyage de retour avec
quatre de ses hommes.
Ces deux navires ont un lien avec le Canada, puisqu’ils ont servi à la chasse au phoque dans
les eaux canadiennes. Shackleton avait initialement prévu de mener le Quest dans l’Arctique
canadien avant de mettre le cap sur l’Antarctique.
L’expédition est composée d’une équipe internationale d’experts, parmi lesquels le célèbre
chasseur d’épaves David Mearns, l’archéologue marine Cora Annamaiya Norling (Centre Njord,
Musée national du Danemark), l’écologiste benthique Kirstin Meyer-Kaiser (WHOI), le directeur
de recherche Antoine Normandin (SGRC), l’historien et auteur Jan Chojecki (auteur de *The
Quest Chronicle*) et l’historien Geir Kløver (directeur du musée Fram).
Dans le cadre de son engagement en faveur de l’exploration et de l’innovation, Meta a fait don
de plusieurs paires de lunettes Ray-Ban Meta AI destinées aux membres de l’expédition. Ces
appareils portables dotés d’intelligence artificielle permettent, sans avoir à utiliser ses mains, de capturer et de partager le déroulement de l’expédition en temps réel, démontrant ainsi comment
les technologies émergentes peuvent enrichir les découvertes scientifiques et la narration dans
des environnements extrêmes.
Alvin et Atlantis appartiennent à la Marine américaine et sont exploités par le WHOI avec le
soutien de la Fondation nationale pour la science (NSF) des États-Unis. Le véhicule télécommandé utilisé dans le cadre de cette mission est fourni par l’Ocean Observatories
Initiative du WHOI et bénéficie également du soutien de la NSF.
Nos remerciements
Nous tenons à remercier certains des sponsors qui ont contribué à rendre cette expédition
possible : Kevin Chan et Meta Platforms, Voyis, Leica, Shackleton Expedition Grade Clothing, la
Fondation nationale pour la science des États-Unis, l’Office of Naval Research, l’Ocean
Observatories Initiative, ainsi que plusieurs donateurs qui croient en la mission de la SGRC, à
savoir « faire mieux connaître le Canada aux Canadiens et au reste du monde ».
Société géographique royale du Canada
La Société géographique royale du Canada est une organisation à but non lucratif fondée en
1929 afin de « mieux faire connaître le Canada aux Canadiens et au monde entier ». Elle atteint
cet objectif grâce à la publication de Canadian Geographic, le premier magazine payant du
pays avec un lectorat de 4,6 millions de lecteurs par mois. La devise de la SGRC est « Ducit
Amor Patriae », ce qui signifie « L’amour de la patrie me guide », illustrant la vision de ses
fondateurs qui souhaitaient « exercer une influence unificatrice sur la vie du Canada ». La
SRGC gère également Canadian Geographic Education, qui dispose d’un réseau de 28 500
enseignants dans toutes les provinces et tous les territoires. La Société octroie par ailleurs de
nombreuses bourses de recherche et d’expédition.
Woods Hole Oceanographic Institution
L’Institut océanographique de Woods Hole (WHOI) est un organisme privé à but non lucratif
dédié à la recherche marine, à l’ingénierie et à l’enseignement supérieur. Fondé en 1930 et
basé à Cape Cod, dans le Massachusetts, le WHOI a pour mission de comprendre l’océan et
son interaction avec le système terrestre, ainsi que de faire connaître le rôle vital de l’océan
dans l’environnement mondial.
Pour plus d’informations ou pour des interviews, veuillez contacter :
Rosemary Thompson (en mer du 2 au 21 juillet)
Vice-présidente principale, Relations extérieures
Société géographique royale du Canada
[email protected]
(613) 240-6739
Suzanne Pelisson (à terre)
Directrice des relations avec les médias
Institut océanographique de Woods Hole
[email protected]
(973) 801-6223
